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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 10:29

Les réformes financières entreprises pour répondre à la crise ne changeront pas grand chose au fonctionnement du secteur bancaire.. Il faudrait exiger des banques qu’elles disposent de plus de fonds propres .A l’heure actuelle, le total des fonds propres des banques est à un niveau très bas (10 %) !!!

Cette disposition s’oppose à la structure traditionnelle que l’on retrouvait dans les actifs des banques au XIXe siècle. Les niveaux des capitaux propres atteignaient des niveaux aujourd’hui impossibles (40 à 50 % de l’actif au XIXe, 20 à 30 % encore au début du XXe siècle).

Les crises existaient malgré tout et la réponse des gouvernements a été de mettre en place la garantie des dépôts et de faire intervenir la banque centrale en tant que prêteur en dernier ressort.

Ce filet de sécurité dressé autour du secteur bancaire a eu pour effet de fausser le comportement des créanciers. Les garanties des dépôts ainsi que le renflouement public, offerts en cas de problème permettent de rassurer les investisseurs, et réduisent donc le coût de l’endettement pour les banques.

C’est au tournant des années 1980-1990 que la part des fonds propres au bilan des banques a fortement chuté (6-8 %), aux Etats-Unis comme dans d’autres pays. Les régulateurs ont alors pensé avoir trouvé une solution en imposant un ratio de fonds propres de 8% en pourcentage des actifs (le ratio Cooke).

A cette période, la théorie économique avait alors prédit qu’un ratio simple conduirait les banques à privilégier l’actif le plus risqué (et donc le plus rémunérateur) parmi deux actifs exigeant la même charge en fonds propres. Ainsi, les exigences règlementaires des fonds propres n’ont pas fait baisser le risque systémique.

Les accords de Bâle II sont la conséquence de cette recherche de sophistication, les banques ont crée leurs modèles d’évaluation des risques et cela à permis à ces dernières de réaliser des économies de fonds propres.

Les accords de Bâle III (2010) témoignent d’une volonté de la part des autorités financières de se montrer plus exigeantes en fonds propres véritables, en imposant notamment un ratio de 7% de « fonds propres de base », mais en pourcentage des actifs pondérés. Cependant, ces accords ne peuvent cacher qu’une différence parfois significative, existe entre 7% de fonds propres en pourcentage de l’actif total et 7% en pourcentage de l’actif pondéré.

Un niveau raisonnable permettrait aux banques d’absorber des pertes plus conséquentes, en épargnant les fonds des contribuables et le poids des dette souveraines (!), et les mettraient à l’abri des cessions d’actifs qui amplifient les baisses de prix sur les marchés financiers et détériorent leurs bilans.

Les banques préfèrent s’endetter plutôt que d’accroître le niveau de leurs capitaux propres, a contrario des entreprises non financières qui ne bénéficient pas des mêmes filets de protection : renflouement des banques par la puissance publique. Ce sont ces garanties qui rendent la dette moins chère pour les banques.

L’autre raison pour laquelle les banques préfèrent se financer davantage par l’emprunt, est que cette méthode leur procure la déductibilité des intérêts d’emprunts.

Au risque systémique les banques répondent qu' aussi fragile que soit leur système, il est un des moyens de la croissance. Or c'est l’inverse qui s’est produit, forçant les banques centrales a se lancer dans des politiques non conventionnelles qui ne semblent pas avoir l'efficacité qu'on souhaiterait.

Une plus grande stabilité financière est à rechercher afin que la monnaie aille vers l’économie réelle !

A la lecture des nombreuses directives européennes, on pourrait croire que les régulateurs financiers disposent enfin de meilleurs outils pour appliquer des règles; on va s'apercevoir que lier les montants de fonds propres au risque estimé par catégorie d'actifs , ne résoudra rien ; ni le besoin de crédit pour une réelle croissance, ni la réduction des risques.

En final elles pourront acheter des obligations d'Etat............

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