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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 15:16

Quelques idées fausses sont en train de disparaître :

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  • L'argent bon marché sur une longue période ...  
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  • L'innovation financière qui, en répartissant les risques au travers de multiples structures, fait apparemment baisser ces derniers.  
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  • Les taux réels longs trop bas (le fameux " conundrum " de Greenspan ") ont semble-t-ils été la conséquence d'un excès d'épargne au sein de certaines banques centrales (Chine...), qui s'investissait en obligations d'état (US). Cette masse d'argent a non seulement maintenu les taux longs très bas, mais a fait baisser l'appréciation du risque sur l'ensemble des produits de taux. En outre, les innovations financières permettant le transfert du risque de crédit des banques aux gérants d'épargne, ont permis le développement des opérations à effet de levier de façon considérable.  

       
  • Les taux courts (gérés par les banques centrales) remontent, et il semble que nous rentrons dans une période de réduction de l'épargne et d'utilisation de cette dernière à des usages productifs et non plus seulement financiers. Si nous entrons en sus dans une fin de cycle entraînant notamment un ralentissement dans les pays industrialisés, ce retournement devrait s'accompagner d'une hausse des taux réels longs (processus déjà à l'oeuvre).   
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  • Quand les gérants de fonds de retraite et d'assurance retrouveront une rentabilité réelle minimum sur des obligations gouvernementales, ils réintègreront une prime de risque plus importante sur les taux des émissions privées qui augmenteront, et partant, tous les financements d'actifs avec effets de levier se raréfieront. Ceux qui ont investi au cours de ces dernières années auront du mal à céder leurs actifs car les acheteurs n'auront plus les facilités de crédit des années passées.  
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  • Par ailleurs, le ralentissement économique induit par cette probable fin de cycle entraînera un ralentissement des rentrées fiscales qui, ces dernières années, sont à l'origine des diminutions des besoins de financements publics. Les déficits augmenteront à nouveau au moment même ou les ressources des banques centrales se réduiront.
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  • Il reste maintenant à se poser une question : le ralentissement américain sera-t-il faible ou prononcé ? En cas de " hard landing " existe-t-il ailleurs des relais de croissance ? En effet, un ralentissement nettement plus fort que prévu aux USA et une crise immobilière (Espagne ou Grande-Bretagne) feraient baisser de façon importante les excédents chinois, japonais et allemands du fait du ralentissement de la croissance occidentale.
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  • La plupart des conjoncturistes parient, semble-t-il, sur un faible ralentissement de la croissance de la consommation aux USA. En effet ces dernières années, celle-ci est restée indifférente aux divers avatars économiques et financiers : En 2001 et 2002, alors que l'emploi baissait, la consommation US a été aidée par une forte baisse des impôts sur le revenu et l'augmentation de l'endettement immobilier des ménages. Depuis 2003, l'expansion de l'investissement productif a permis une création importante d'emplois et la consommation des ménages a suivi. Jusqu'à présent si le rythme des créations d'emplois a baissé tout en restant positif, cela s'est avéré suffisant pour que les effets de la crise immobilière soient atténués. Or l'investissement productif semble décrocher depuis plusieurs mois ; à terme, l'impact sur l'emploi et la consommation pourrait se manifester ; à partir de cet état de fait, l'immobilier pourrait devenir un amplificateur de crise si l'emploi devait faiblir car l'endettement passé pèserait alors sur les dépenses des ménages.
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  • Par ailleurs, en Europe, plusieurs éléments sont à prendre en considération : La hausse des taux de la BCE commence à produire ses effets dans la construction ; les prix ont plus monté en Europe qu'aux USA ; en Espagne et en Grande-Bretagne, l'immobilier reste très spéculatif ; enfin le BTP a davantage contribué à la croissance en Europe qu'aux USA.
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  • Si la fin de cycle occidentale est plus forte que prévu, où peut-on trouver des relais de croissance ? Ni la Russie, ni le Brésil, ni le sud est Asiatique, ni l'Inde ne peuvent aujourd'hui prendre le relais ; Quid de la Chine ?
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  • La Chine a, avec la zone atlantique des comptes extérieurs excédentaires. Ces excédents se compensent avec les déficits qu'elle a avec ses fournisseurs de matières premières ; Il lui reste un solde net positif (près de 200 milliards de $ en 2006).
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Ces excédents sont apportés à la Banque de Chine qui remet aux exportateurs des Renminbi qui s'investissent à l'intérieur (surtout dans l'immobilier de bureaux). De son côté, la Banque de Chine accroît ses réserves en titres publics US. Tout ralentissement de la demande dans la zone atlantique a automatiquement une triple conséquence sur l'activité des pays exportateurs vers la Chine, sur l'investissement en Chine et sur les placements de la Banque de Chine.

 

La consommation interne Chinoise pourrait-elle prendre le relais ?

 

Cela semble peu probable à court terme...

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
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