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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 18:11

Le solde de nos échanges se dégrade depuis plusieurs années ; le solde négatif représente 2 % du produit national. Si, la France renoue avec une tradition de fragilité de ses échanges extérieurs, cette rechute contraste avec les douze années d’excédent commercial que nous avions connues entre 1992 et 2003.

La balance commerciale est en déficit croissant, c’est parce que nos exportations progressent plus lentement que nos importations.

Nos exportations s’accroissent relativement lentement : depuis sept ans, elles ont progressé de 21 % alors que le commerce mondial augmentait de plus 5 % par an dans la même période. Ceci traduit  un recul de la part des exportations française de marchandises dans les échanges mondiaux de 6,5 % à 4,1 %. En outre, notre excédent traditionnel dans le secteur des services (tourisme, transports, grands travaux à l’étranger),est tombé a 0,2 % du PIB en 2006, contre 1,4 % en 2000.

La part de la France dans le total des exportations de la zone euro, sur les quinze dernières années, est passée de 17,5 % à moins de 14 %.

Si l’on analyse le contenu en importations de la demande intérieure on constate que les achats des français se portent plus sur les biens achetés à l’extérieur que sur ceux produits en France. Depuis 2000, face à une consommation en augmentation de 23 %, l’indice de la production intérieure n’a progressé que de 8 % contre 68 % pour les importations.

L’"élasticité" des importations à la demande est de 2,5 ; un pour cent de demande supplémentaire se traduit par 2,5 % d’augmentation de nos importations… Ce fait, montre l’inanité des politiques de relance par la demande ;  toute relance profite presque autant aux producteurs étrangers qu’à l’emploi en France, tout en aggravant le déficit extérieur.

Cette mauvaise performance extérieure a pour conséquence une « contribution négative » du commerce extérieur à la croissance ; la progression de notre économie est amputée, par le déficit extérieur.

Quelles en sont les causes véritables ?

L’euro ! A un cours proche de 1,50 dollar par euro, cette monnaie est surévaluée d’au moins 20 % par rapport au dollar, au yen japonais et au yuan chinois. Cependant, il ne faut passer sous silence, plus de la moitié de nos échanges se font avec les pays de la zone €uro ; qui ne sont en rien affectés par ce taux de change. Enfin, l’€uro n’a pas empêché les Allemands de retrouver la place de premier exportateur mondial, et d’enregistrer des excédents records ; l’Allemagne maintient sa part de marché mondial.

Avec un prix du baril qui a dépassé les 90 dollars, le poids de nos achats d’hydrocarbures augmente. Cependant, la France est moins touchée par cette surcharge grâce à la part importante du nucléaire dans sa production électrique, (proche de 80 %). En dollars constants, les 90 dollars le baril d’aujourd’hui sont équivalents aux 40 dollars le baril de 1980. La mauvaise spécialisation géographique de nos exportations (trop peu présents dans les pays émergents) justifie de faire un large effort dans cette direction. D’un point de vue sectoriel, nous ne disposons pas de PAC entrainées à exporter, notamment dans l’industrie des biens d’équipement, et qui conservent leurs clients malgré l’augmentation des prix de vente. Il faut cependant pondérer ces remarques ; les études toutefois la spécialisation sectorielle comparative de la France et des autres pays exportateurs ne montrent que des écarts limités.

La vraie explication de notre déficit extérieur tient simplement à une large perte de compétitivité durable. Si l’on compare notre pays a ceux dont le commerce extérieur est excédentaire, on s’aperçoit de l’action négative de plusieurs facteurs deux faits.

La quantité de travail effectue en France est trop faible. Si la productivité horaire française, au niveau des meilleurs, le nombre d’heures travaillées dans l’année est, inférieur à celui des autres pays : 1 472 heures par an pour un salarié à temps complet, contre 1 739 pour la moyenne de l’UE, selon une enquête de l’INSEE. C’est, la conséquence de la semaine de 35 heures, mais aussi de jours fériés et congés payés généreux. A un salaire annuel équivalent, l’entreprise française dispose d’un moindre temps de travail, et, donc, de quantités inférieures à vendre. Notre industrie, nos services, peine à répondre à la demande extérieure et à concurrencer les importations de pays tiers.

« Cette insuffisance du temps de travail est aggravée par le fait que nos forces productives sont sous-employées : le « taux d’emploi », (rapport entre la population au travail et celle en âge de travailler) n’est de 63 % en France, soit dix points au-dessous des Etats-Unis. Cela est dû à un taux de chômage élevé (un point de plus que la zone euro, quatre points celui des USA ou de la Grande-Bretagne), qu’à une faible participation des plus jeunes et des plus âgés au marché du travail. Comment être compétitifs lorsque les jeunes entrent plus tard sur le marché du travail, et qu’un de nos concitoyens sur deux a cessé sa vie active à 57 ans.

Il faut ajouter les charges sociales, plus élevées en France qu’ailleurs, sauf en Europe du Nord. Il s’ensuit que le coût horaire de la main d’œuvre est supérieur de 20 % environ à la moyenne de la zone €uro et de 40 % à celle de l’ensemble de l’UE à 27 et cet écart, s’accroit chaque année.  

Enfin, l’insuffisance de l’innovation de marché dans notre industrie et nos services en ligne. L’enseignement supérieur reste le parent pauvre de notre système de formation ; l’effort de recherche & développement (Etat et entreprises) est insuffisant et les pme innovantes  ne sont pas assez soutenues, notamment en matière d’accès aux commandes publiques et d’investissement en fonds propres. Malgré les initiatives annoncées dans ces domaines, il reste beaucoup à faire. Aujourd’hui, la France dispose, de grandes entreprises internationales performantes, qui produisent de plus en plus hors de nos frontières, tandis que le tissu d’entreprises petites et moyennes, implantées sur le territoire, et fournissant des emplois qualifiés avec une forte capacité exportatrice, reste trop insuffisant.

Il est clair que notre pays a besoin d’une politique de réformes et d’investissements, pour reconstituer notre compétitivité. 

                                                                                                                            

 

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