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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 00:00

 

Avons-nous une pensée et une volonté stratégique ?

 

Les années 1980 et 90 furent, en matière de politique économique, celles de la pensée unique. Il fallait libéraliser pour restaurer la compétitivité des entreprises, réduire les prix donc l’inflation (la désinflation compétitive !) et donc stimuler la consommation et la croissance.

L’union européenne par la voie de sa Commission, adopta une position des plus orthodoxes : les aides d’Etats étaient cadrées, les politiques industrielles nationales proscrites, la dépense publique et les déficits devaient être sous contrôle.

Le retrait des pouvoirs publics de certains secteurs stratégiques a conduit à une réduction dangereuse des investissements dans ces secteurs. Le coût de ces dérégulations s’avère pour le contribuable et le client, plus élevé qu’il ne l’était par le passé. La dérégulation fut l’occasion d’un désengagement patent des pouvoirs publics sur les projets de long terme. Or déréguler n’a jamais signifié cesser tout investissement d’avenir.

 La crise grecque ou plus exactement la crise de l’euro a mis en évidence les limites d’une monnaie et d’une politique monétaire unique au sein d’une zone économique disparate.

A ce jour, les pays européens n’ont,  aujourd’hui,  plus aucune visibilité quant à leur politique énergétique, à leur accès aux matières premières, à leur capacité d’innover ; il n’est plus question de devenir,  comme le stipulait l’objectif de Lisbonne, une économie de la connaissance. La désindustrialisation se poursuit en Europe pénalisant l’emploi, les exportations et en conséquence la croissance économique.

En partie à cause de la crise, les pays européens affichent aujourd’hui des déficits énormes. Il n’est donc plus question que de réduction de la dépense publique et c’est encore  le long  terme et les investissements qui vont en faire les frais.

 

 

L’exemple des dépenses militaires, des choix politiques qui vont en découler sur les capacités industrielles et technologiques de défense de l’Europe et l’absence d’anticipation et de responsabilité politique peut conduire à mettre les pays européens dans une situation dangereuse politiquement et stratégiquement.

La base industrielle et technologique de la défense de notre pays n’aurait jamais pu se construire sans volonté politique et sans crédits étatiques. La baisse des crédits militaires devrait inciter les Etats Européens  à définir le modèle industriel de défense qui semble indispensable à leur indépendance.

Ce type d’analyse peut s’appliquer a beaucoup de secteurs : IT, biotechs aéronautique, chimie, équipements mécaniques, industries navales.

Il est urgent de sortir des antagonismes stériles du type : libéralisme contre social démocratie, marché contre plan, Keynes contre Ricardo.

Nous sommes dans un monde ouvert et dans des schémas de type « compétition/affrontement »… Avant les théories économiques, il faut connaitre ses moyens, ses objectifs et surtout ce que l’on veut !

 

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Published by Emmanuel Harlé
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