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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 17:54

·         L’Université désigne une communauté de savants-enseignants, issus de toutes les disciplines, regroupés en un lieu, et assumant une mission : la mise à jour et la transmission des savoirs depuis toujours. Une certaine méfiance du pouvoir central s’est manifestée à l’égard de ces communautés. Après la dissolution des universités par la révolution française, Napoléon recréa l’Université sous la forme bien encadrée d’un ministère d’Etat. La 3ième puis la 4ième République rétablirent des facultés (droits, sciences, médecine, lettres…). Du choc de mai 68, surgira des universités aux regroupements hétérogènes.

·         Largement déconnecté de toute considérations  scientifiques, le découpage des universités  s’est retrouvée conforté par la loi de 1984 qui rétablissait la prééminence nationale (la Conférence des présidents d’Université est restée jusqu’en 2007 présidée par le Ministre) sur les expérimentations locales. Depuis 1968, nous nous sommes habituées à appeler « université » ce qu’on désigne plutôt sous le nom de « faculté ». Cet aspect est renforcé par l’autonomie des composants  (les UFR), et par un pilotage de la recherche exercé par le biais des postes et des moyens mis à disposition par le Ministère et les organismes de recherche. Cette méfiance à l’égard des universités se retrouve dans cette caractéristique bien française : la séparation entre universités, écoles, grandes écoles et organismes de recherche ou de formation scientifique, dont les gouvernements estimaient nécessaire de doter le pays. Pour autant nos universités ont, depuis 40 ans,  réussi à quadrupler leur nombre d’étudiants, à les préparer à de nouveaux métiers, et à fondre leurs formations dans le standard européen (LMD). Les nouvelles formations et les nouvelles missions se sont développées en complément avec celles existantes, non sans accumulation de tensions et de strates hétérogènes.

·         Qu’on le craigne ou non, il faut toutefois comprendre qu’une page est en train de se tourner : l’organisation selon certaines disciplines a vécu ; l’autonomie va permettre aux universités d’affirmer leur rôle dans le développement du pays, autour d’une responsabilité des conseils de l’université et de son président élu par ses pairs. La fin des facultés n’est pas la fin des universités, le besoin d’insertion professionnelle des étudiants, la coopération avec des entreprises sont une nécessaire mise en valeur. Le système français d’enseignement supérieur et de recherche, a atteint un point de non-retour : fin du modèle facultaire, fin de la coupure entre enseignement, recherche et professionnalisation, entre universités et écoles. Une élévation massive de la qualification professionnelle de la population, le développement d’une culture de l’innovation liant diffusion des savoirs et pratiques de recherche poussent à donner un rôle central à un modèle universitaire, rejoignant les standards internationaux. Cette configuration est l’aboutissement d’un processus dont la cohérence a mis du temps à se voir. En 2003 le gouvernement échouait à présenter une loi d’autonomie des universités. Dés l’année suivante était mis en chantier une loi (votée en 2006) dite « Pacte pour la recherche » qui changeait l’architecture du système. En 2007, la LRU donnait la liberté stratégique aux universités. La LRU est le fruit de la continuité des réformes conduites par plusieurs gouvernements de culture différente. En 2001, la LOLF (loi d’organisation des finances publiques) impose à chaque opérateur public de passer d’une allocation de moyens à une gestion liant objectifs, résultats et moyens : définir l’action publique du point de vue des ses finalités (l’objectif) et non de son mode d’administration (la règle), introduisant une culture de l’évaluation et de la contractualisation. En 2005, le système « LMD » (cadre européen), implique la redéfinition de l’ensemble des diplômes universitaires à partir des compétences et du niveau de responsabilités requis – et non plus à partir des savoirs; A cette occasion les universités se sont  engagées comme acteur d’insertion professionnelle et économique. En 2006, la Loi « Recherche » (création de l’AERES, de l’ANR, des Pôles d’enseignement supérieur et de recherche avancée etc.…), organise le passage d’une spécialisation verticale, à une spécialisation horizontale par niveau. Les mouvements actuels traduisent bien la difficulté du processus, car chaque organisme doit remettre en cause son identité, ce qui pour un village gaulois est généralement difficile voir compliqué de responsabilité : au ministère et différents conseils, la fixation des objectifs ; aux agences le rôle de la programmation et de l’allocation des moyens : aux universités et organismes de recherche, la production des connaissances et leur valorisation. Cette distinction des responsabilités va se retrouver  reproduite au niveau universitaire. Chaque université mettra en place un système d’information sur ses activités et d’allocation de ses ressources en créant un rapport contractuel avec  ses unités de formation et de recherche chargées de la mise en œuvre. La Loi LRU crée l’initiative stratégique à la charge des universités et lie l’attribution des moyens aux résultats. La reconfiguration de l’exécutif avec un conseil et un président élus sur un projet, un budget global et la responsabilité des recrutements caractérise cette Loi. La création d’universités pluridisciplinaires  s’est déroulée avec un vif débat public sur les enjeux d’une société de la connaissance, pour aboutir à une revalorisation d’un modèle universitaire défini, par l’émergence d’universités territoriales ayant quatre caractéristiques : lien entre enseignement et recherche,  contribution à une économie de l’innovation, caractère omni disciplinaire permettant d’évoluer à partir de demandes thématiques et encrage territorial par sa contribution à la formation de la population environnante (premier cycle et formation continue) et par son intérêt pour le développement économique local.

 

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