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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 15:50

La crise aux USA : ne pas oublier les aspects structurels

·     Quand l’industrie des Etats-Unis travaille à 65% contre une moyenne de 85%, et qu’elle a un sous-emploi de 9.5% contre 4% en période de croissance, l’Amérique est en crise. Cette situation est due à la concurrence des pays émergents qui ont réussi à développer des industries comparables avec des salaires plus faibles et une absence de sécurité sociale. La crise financière a aggravé cette crise structurelle.

Les Etats-Unis ont subi depuis la fin de la guerre du Viet Nam une nette détérioration de leur industrie, convaincu que les services étaient l’avenir. Pour ce faire, ils ont laissé se développer leur endettement auprès des pays du Golfe et de la Chine.

Cette détérioration de l’industrie a eu pour conséquence une productivité faible (1.5% par an). Les hausses du prix du pétrole en 1973 et 1978 ont provoqué une forte inflation, combattue par des hausses de taux amenant une récession. En 1980 et 1981 les taux à 20% ont cassé la spirale inflationniste, mais ont provoqué une crise qui a eu pour conséquence le krach des Saving and Loans.

Les krachs de 1987 et de 1989 ont été spectaculaires mais n’ont pas provoqué de baisse du PIB américain, car les investissements étaient en grande partie réalisés dans l’immobilier.

Le miracle informatique des années 1993-2000 a redonné aux USA un vrai leadership et un retour de la confiance car l’informatique comportait le développement des services et apportait une forte hausse de la productivité (entre 3 et 5%). Les excès spéculatifs de 1997 et « l’exubérance irrationnelle » des marchés ont provoqué la récession des années 2000.

L’informatique a alors joué un rôle clé dans la croissance des produits dérivés et structurés. En parallèle, les taux d’intérêts maintenant très bas ont provoqué une spéculation immobilière alors que les besoins réels étaient couverts dès 2006.

De leur côté, les banques contraintes de respecter le ratio Cook ont développé la titrisation des risques en encaissant de solides commissions.

Dés 2007 la crise financière se produit ; le 15 septembre 2008 la faillite de la banque Lehman Brothers remet en cause la règle « too big to fail » entraine une perte de confiance envers les banques et un arrêt brutal du commerce international. Les entreprises ne peuvent renouveler les crédits qui viennent à échéance et réduisent leurs besoins en cash, en supprimant leurs investissements et en réduisant leur personnel, cela a entraîné une diminution de la demande de crédits de la part des entreprises permettant aux banques d’expliquer que si elles ne prêtent pas c’est qu’il n’y a plus de demandes.

Cette crise se caractérise par une aggravation du chômage (de 4% à 10%), un nombre croissant de faillites notamment bancaires (80 banques en 2008 et 2009) et une décroissance des investissements. La F.E.D a évité le pire en sauvant les grandes banques (à l’exception de Lehman) et A.I.G. Mais les mesures que l’on prend pour combattre la crise financière actuelle seront-elles suffisantes pour résorber les inconvénients qu’elle a produite ? Quelles seront les solutions pour résorber la crise structurelle décrite plus haut ?

·     Les autorités politiques et financières ont compris qu’il fallait circonscrire la crise financière et préparer, très vite l’après-crise.

Pour éviter que les faillites bancaires ne créent une crise systémique les autorités U.S ont sauvé la banque Bear Stearns et les deux G.S.E.s. L’opinion publique américaine s’est alors inquiétée d’une possible forte hausse des impôts. Et Henry Paulson a pris la décision de laisser tomber  en faillite Lehman Brothers, opération hasardeuse car on avait sous-estimé le caractère international de ses opérations. Devant cet ébranlement systémique, les autorités ont alors sauvé les grandes banques.

Dés ce moment, l’Euroland a fait des propositions et même obtenu quelques résultats lors des réunions du G20 crée à la demande du président Sarkozy alors à la tête de l’union Européenne. On peut classer ces projets, en plusieurs catégories,

- lutte contre les paradis fiscaux,

- Encadrement des bonus,

- Système de contrôle international des organismes financiers,

- Contraintes sur les capitaux propres,

- Réduction des surendettements des particuliers,

- Traitements des produits dérivés sur des marchés organisés.

Malgré une certaine amélioration très récente et sans doute une reprise conjoncturelle forte dans les mois à venir, on ne peut pas parler de fin de crise tant que le chômage ne commence pas à baisser de façon significative. Très vite les USA auront à faire face à deux mauvaises options :

- Une forte dévalorisation du dollar à l’égard des pays émergents accompagnée, de nouvelles émissions monétaires pour aider à la reconstitution du tissu industriel.

- Un retour au protectionnisme permettant de protéger une industrie renaissante. Cela rappelle l’entre-deux guerres où le pays à balance commerciale dominante (les U.S.A.) avait voté le « Hawley-Smoot Tariff » (1930). A notre époque, c’est la Chine avec sa balance commerciale maintenant dominante qui promeut un retour aux fermetures de frontières, d’où une guerre avec les Etats-Unis qui créent un tarif anormal sur les pneus chinois, incitant ces derniers à taxer les poulets et les automobiles américaines.

Ces solutions à la fois inflationnistes et malsaines sur le plan international pourraient peut-être être évité si les pays occidentaux acceptaient de faire un effort commun de recherche et de développement pour l’amélioration de la création de jeunes entreprises, seul moyen de recréer un tissu industriel, …. à générer de la productivité, donc du pouvoir d’achat et de résorber le chômage. Enfin si l’ensemble des pays essayaient de chercher un nouvel équilibre des changes... mais nous nous en sommes très loin… l’Euro……. l’Europe risque d’en faire les frais.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                             

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Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
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