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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 00:00

La situation commande…….elle est la seule à pouvoir le faire…..c’est ennuyeux !

Nous sommes arrivés aux limites que peut supporter le système monétaire Européen dans sa forme actuelle :

Les bourses : l’Europe et les Usa dans une certaine mesure sont rentrés dans un marché baissier ; les marchés baissiers durent moins longtemps que les marchés haussiers ; L’explication est simple : l’absence de confiance des investisseurs, minée par deux incertitudes majeures, le risque de défaut non maitrisé au sein de la zone euro et une croissance molle avec une possibilité non nulle de déflation. La chute boursière est plus sensible dans la zone euro, car celle-ci connait un problème additionnel qui est l’avenir incertain de la zone dans son périmètre actuel .Le cas de la Grèce semble « désespéré » : un endettement en hausse constante, dû à l’impossibilité de comprimer le déficit budgétaire car les recettes fiscales sont en baisse, le système fiscal est totalement chaotique, les grandes fortunes grecques sont installés à l’étranger ; les privatisations sont difficiles, car les entreprises mises en ventes sont surendettés ;Il est évident que les investisseurs redoutent une faillite de la Grèce, qui pourrait être suivie d’un éventuel retrait de ce pays de la zone euro, avec un risque de contagion.

 

La compétitivité : l’Europe du Sud a beaucoup perdu en compétitivité depuis 10 ans : ainsi, les salaires grecs ont augmenté de 35% par rapport aux salaires allemands et les Espagnols de 28% !d’un point de vue économique, la remise à niveau de ces pays impliquent des transferts  très importants pendant 5 à 10 ans. On conçoit la reluctance des  citoyens Allemands à remettre la main à la poche. Après l’effort fait pour l’ex DDR. Le manque de compétitivité en Europe du sud (y compris la France) est le problème le plus grave car les mesures d’austérité qui vont être prises ne soignent pas ce mal.

 

La création monétaire (quantitative easing ou monétisation de la dette) est peu efficace : s’il n’y a pas de facteurs réels de croissance potentielle (voir l’exemple japonais) cela aboutit à constituer des bulles financières (or, matières premières, cash) sans pour autant alimenter l’inflation potentielle, puisque les taux de chômage pèsent sur d’éventuelles augmentations de salaires. En Europe, la plupart des pays vont ou sont engagés dans des politiques de rigueur, destinées à faciliter le désendettement qui vont entrainer une croissance nulle ou faible (moins de recette fiscales, persistance des déficits budgétaires, augmentation de la dette publique).

N’oublions pas que l’endettement actuel présente trois caractérisques inquiétantes car concomitantes : il est généralisé à pratiquement tous les pays industrialisés (100% du PIB  pour les Etats Unis ; 90% pour la zone euro ; 220 % pour le Japon etc.) il est élevé pour une période sans guerre ; il est complété par un endettement privé très élevé sauf en zone euro et il s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique.

Le seul pays qui arrive à conjuguer création monétaire et contration budgétaire reste l’Angleterre, et cette dernière accepte une inflation plus forte que la zone euro.

Aux USA, du fait d’un conflit politique entre démocrates et républicains, la Fed maintient des taux proches de zéro et une politique accommodante en matière de refinancement ; toutefois le pays ne semble pas rentrer dans une récession profonde.

On notera quatre différences entre les Etats Unis, la Grande Bretagne  et la zone Euro. Cette dernière  est composée d’Etats souverains disposant de cultures de langues et de traditions politiques très variées ; rien à voir avec homogénéité (relative) des pays-saxons. Le budget fédéral américain dépasse 12% du PIB, contre 1% pour l’Union Européenne : les transferts entres Etats ne sont donc pas comparables. Les Etats américains n’ont pas le droit d’avoir des budgets en déséquilibre. Le processus de décision américain est plus rapide et réactif que son homologue européen, qui doit passer par de multiples cénacles (Etats, BCE, Commission, FESF)  et peut être bloqué par la mauvaise volonté d’un membre (unanimité !) Le temps des marchés, n’a rien à voir avec le temps des décideurs européens.

Les banques centrales : Elles ont,  une fois, de plus portées au secours au système. Les Etats Unis, le Japon, la Grande Bretagne et la Suisse ont annoncé la mise en place de prêts en faveur de la BCE afin de répondre aux besoins de l’union Européenne. Ces financements en dollars sont destinés aux établissements bancaires européens. Cette action concertée des grandes banques centrales est indispensable car les grands fonds obligataires américains (money market funds) ne financent plus les  banques européennes et la baisse du dollar entraine une crise de liquidité bancaire en Europe. Ces problématiques de liquidités que doivent gérer nos banques précèdent souvent les crises d’insolvabilité, entrainant des besoins de recapitalisations des systèmes bancaires. N’oublions pas que c’est à  la faveur d’un programme agressif (TARP) visant à isoler les actifs toxiques et de recapitalisations massives suivies de stress-tests crédibles que les banques américaines furent réellement sorties d’affaire. La BCE aura l’obligation d’aller plus loin dans les mois à venir.

 

L’Allemagne : c’est au final la grande question ; que vas faire l’Allemagne ; à part la Bundesbank, une partie de la droite et le journal « der Spiegel », il semble qu’un mouvement en faveur de l’Europe sinon de l’Euro se dessine soutenu par la SPD, les verts, une partie de la CDU et le patronat allemand semble comprendre qu’une rupture de la zone euro ne ferait pas de bien aux entreprises allemandes qui exportent dans toute l’Europe. Le jugement de la cour de Karlsruhe a eu son effet. Au fond d’elle –même la RFA vient de se dire que prendre le risque de briser l’Europe en lâchant l’Euro, c’est provoquer une troisième fois une catastrophe européenne voire mondiale, ce qui lui occasionnerait d’importantes difficultés diplomatiques mais surtout économiques et financières. Mais il ne faut pas oublier qu’un référendum donnerait un résultat en large défaveur de l’Euro, et qu’a trop forcer la main on pourrait déclencher une réaction négative tant les équilibres politiques sont fragiles. La position de la Chancelière est pour le moins compliquée mais elle garde la main au sein du jeu des 17 membres de la zone euro. Le refus actuel de monétiser la dette vient d’une crainte historique (la république de Weimar) et d’un refus tacite de beaucoup de pays (dont la France !) de mettre de véritables garde fous budgétaires au moment de la création de l’euro ; face à ces refus l’Allemagne a exigé l’interdiction du rachat en direct des obligations des Etats Européens. Tant qu’elle n’aura pas obtenue des assurances certaines et réelles sur les désendettements des grands pays de la zone euro (règles d’or !), elle bloquera toute initiative directe de monétisation ; on bute là sur le péché originel de la zone euro : l’euro est la monnaie de tous et donc de personne car on a rompu le lien entre le souverain et la banque centrale du fait de l’absence d’un Etat « européen ».

 

Le rôle et la nature de la monnaie : ce qui caractérise la crise de 2008 par rapport aux autres crises, c’est que la transmission  ne s’est pas faite à travers l’économie réelle : auparavant un pays subissait un choc et la baisse d’activité qui en résultait se transmettait à d’autres zones géographiques, la propagation n’était pas principalement financière et le système bancaire pouvait être mis hors de danger, les banques centrales réunissaient débiteurs et créditeurs et géraient le règlement des créances et dettes ; s’il y avait un défaut étatique, la banqueroute pouvait être gérée car contrôlée. En 2008, la concentration bancaire était forte, le modèle de la banque universelle régnait et un grand nombre d’instruments financiers s’échangeaient en dehors des places organisées ; en sus les émetteurs de papiers avaient du mal à garder la traçabilité entre les divers contrats et les sous-jacents (ou était la dette primaire de l’organisme ultime offrant la garantie qui avait été cédée et achetée plusieurs fois). Comme personne ne savait ou était le risque et qui était le garant, la réaction a été immédiate : rupture des marchés interbancaires et recours aux liquidités des banques centrales ; la longue durée du «  quantitative easing » de la FED est une preuve indirecte de la masse de papiers distribués sans réelle traçabilité dans un système bancaire peu capable d’appréhender ses propres risques !

Cette tendance commence avec la déréglementation bancaire (1980) se poursuit avec une concurrence entres les banques faisant tous les métiers insinuant des conditions de plus en plus avantageuses et aboutit à une perte du contrôle du risque du fait du non suivi des créances : il y a une rupture pratique entre les risques à couvrir et leurs garanties. Au premier défaut tous les liens dettes-créances s’effondrent ; il s’ensuit une baisse incontrôlée de la monnaie en circulation. La masse des produits structurés et dérivés rend impossible toute appréhension générale du niveau de risque ; on ne peut plus répondre à des questions fondamentales : nature du risque, probabilité  d’occurrence, montant réel car les normes comptables ne savent pas bien enregistrer ces données. Tant que les régulateurs et les marchés n’y verront pas clairs les banques centrales seront condamnés à être des pourvoyeurs de liquidités immédiates.

 

Face à cette avalanche de questions épineuses et pour l’instant sans réponses, on ne peut que constater que l’on sort toujours d’une crise de désendettement mais que cela peut se faire de façon tragique ; le cas grec est révélateur : pas de respect des règles comptables et communautaires, action tardive des Etats européens ( pas de souverain !), ce qui n’aurait du être qu’un incident géré par le FMI  a été la mèche qui a mis le feu dans la zone euro….la question de la survie de l’euro va se poser dans tous les esprits ; une réflexion théorique réservée à quelques esprits sagaces va être intégrée par les marchés et les mouvements politiques( de ces derniers nous allons recevoir une pluie serrée de raisonnements abscons)

Il reste peu de temps avant que le système ne devienne incontrôlable, en attendant il faudra bien que la BCE aide le système bancaire européen à surmonter sa crise de liquidités (absence de dollars) et à espérer que les grands Etats Européens sauront éviter de mettre, par effet retard la zone dans une spirale récessive !!!!!!!!!!!!!!!   

 

 

 

 

 

 

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Published by Emmanuel HARLE
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