Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 19:23
SUR LES DESEQUILIBRES INTERNATIONAUX 

Le problème des déséquilibres du commerce international  va empirer;
La plupart des monnaies flottent les unes par rapport aux autres : les cours montent et descendent en fonction des forces agissant au sein des marchés et sont influencés par les actions des gouvernements;
La plupart des pays essayent de gérer leurs monnaies en fonction des fondamentaux économiques et financiers;
La chine applique une politique différente : du fait des excédents commerciaux, sa monnaie devrait s’apprécier, hors la banque centrale chinoise achète en permanence des dollars pour maintenir un taux de change constant avec le dollar, procurant ainsi aux exportateurs chinois un avantage concurrentiel croissant vis-à-vis de ses rivaux (pays développés et pays en développement);
Du fait de l’état déprimé de l’économie mondiale, la faible demande est aspirée par les exportateurs chinois; si les chiffres du déséquilibre américain se sont améliorés, c’est à cause de la crise ; les ménages américains ont cessé d’importer des biens manufacturés. On va constater très vite une nouvelle aggravation si l’économie repart.
La Chine a choisi le maintien de sa parité avec le dollar en disant implicitement aux américains : augmentez vos taux et réduisez vos déficits budgétaires ce qui entrainera une hausse du chômage ;  une telle situation n’est pas tenable à terme pour les USA.
Coté chinois, l’aide indirecte aux importateurs a permis de faire venir des centaines de milliers de paysans chinois dans les industries d’exportation situées dans les régions côtières.  Cette dynamique a engendrée des excédents de capacité que le marché intérieur ne peut absorber;
Si ce développement industriel bute sur un obstacle (protectionnisme, moindre demande américaine due à la hausse du chômage),  il y aura baisse des prix, fermetures d’usines et chômage en Chine ; les prix baisseront en Chine entrainant un moindre achat de dollars;
Pour résoudre cette crise de surcapacité, l’Etat Chinois pourrait puiser dans ses fonds de réserve ; quant aux USA, la remontée des taux et une situation budgétaire intenable conduira à des révisions déchirantes sinon dangereuses;
Mais exiger des Chinois une remontée du Yuan risque de mettre ce pays en plein développement dans un état de faiblesse économique très problématique.
Repost 0
Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
commenter cet article
23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 01:00

Les quelques 7000 business-angels (personne privée qui investit son propre patrimoine dans des entreprises en démarrage) souffrent actuellement  de certaines contraintes juridiques.

On note tout d’abord un accroissement de l’equity gap, c’est-à-dire le montant en deçà duquel les fonds de capital-risque (ou venture) n’interviennent pas. Le seuil se situe désormais à 1,5 voire 2 millions d’euros.  Les fonds de venture avaient coutume d’investir dans les jeunes entreprises en capital- amorçage (la première phase d’investissement), pour ensuite les accompagner avec des montants plus importants. Mais le sénateur Arthuis, avec ses  amendements à la loi Tepa en matière d’ISF, et propositions de Loi en matière d’Impôt sur le revenu,  contraint les investisseurs à investir trop rapidement  leurs fonds (2X 6 mois au lieu de 30 mois !!), ce qui nécessite de placer en une fois des sommes supérieures excluant de ce fait les petites sociétés (les TPE). L’indicateur Chausson Finance, illustre ce phénomène : le marché du venture résiste bien à la crise, alors que les investissements dans l’amorçage ont atteint un plancher historique, à 31 millions d’euros (c'est-à-dire moins 32% !!) apportés à 31 sociétés seulement.

Il est consternant que le Sénat vote de pareils amendements qui sont des non-sens économiques !!!

En outre, les amendements apportés à la loi Tepa compliquent les modes d’investissements des business angels. Sous le prétexte de lutter contre le dévoiement du holding ISF, la limitation à 50 du nombre d’investisseurs en a fait un véhicule privilégié par les sociétés de gestion de capital risque pour investir comme il est dit plus haut des montants plus importants et en conséquence inadaptés aux TPE. Alors qu’il devait d’abord permettre aux personnes physiques de mutualiser leurs moyens sans adopter une structure de fonds (qui implique une délégation de gestion), dans le cadre des Siba (Sociétés d’investissement de business-angels). Pourquoi ne pas supprimer cette limitation en contrepartie d’une obligation d’investir dans les TPE ?

Le segment d’entreprises (TPE) que ces derniers couvrent, souffre d’un manque de visibilité et de financement, noyé sous l’impact, plus visible, de la crise des PME, d’autant que la législation sur les PME tend à s’élargir aux ETI (entreprises de taille intermédiaire), qui emploient jusqu’à 3.000 personnes.

Il est urgent que le Gouvernement et le Législateur se penchent sur cette question, car c’est avec des TPE que l’on bâtit des PME !!!!!!!!

 

                                                                       

 

Repost 0
Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
commenter cet article
1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 15:50

La crise aux USA : ne pas oublier les aspects structurels

·     Quand l’industrie des Etats-Unis travaille à 65% contre une moyenne de 85%, et qu’elle a un sous-emploi de 9.5% contre 4% en période de croissance, l’Amérique est en crise. Cette situation est due à la concurrence des pays émergents qui ont réussi à développer des industries comparables avec des salaires plus faibles et une absence de sécurité sociale. La crise financière a aggravé cette crise structurelle.

Les Etats-Unis ont subi depuis la fin de la guerre du Viet Nam une nette détérioration de leur industrie, convaincu que les services étaient l’avenir. Pour ce faire, ils ont laissé se développer leur endettement auprès des pays du Golfe et de la Chine.

Cette détérioration de l’industrie a eu pour conséquence une productivité faible (1.5% par an). Les hausses du prix du pétrole en 1973 et 1978 ont provoqué une forte inflation, combattue par des hausses de taux amenant une récession. En 1980 et 1981 les taux à 20% ont cassé la spirale inflationniste, mais ont provoqué une crise qui a eu pour conséquence le krach des Saving and Loans.

Les krachs de 1987 et de 1989 ont été spectaculaires mais n’ont pas provoqué de baisse du PIB américain, car les investissements étaient en grande partie réalisés dans l’immobilier.

Le miracle informatique des années 1993-2000 a redonné aux USA un vrai leadership et un retour de la confiance car l’informatique comportait le développement des services et apportait une forte hausse de la productivité (entre 3 et 5%). Les excès spéculatifs de 1997 et « l’exubérance irrationnelle » des marchés ont provoqué la récession des années 2000.

L’informatique a alors joué un rôle clé dans la croissance des produits dérivés et structurés. En parallèle, les taux d’intérêts maintenant très bas ont provoqué une spéculation immobilière alors que les besoins réels étaient couverts dès 2006.

De leur côté, les banques contraintes de respecter le ratio Cook ont développé la titrisation des risques en encaissant de solides commissions.

Dés 2007 la crise financière se produit ; le 15 septembre 2008 la faillite de la banque Lehman Brothers remet en cause la règle « too big to fail » entraine une perte de confiance envers les banques et un arrêt brutal du commerce international. Les entreprises ne peuvent renouveler les crédits qui viennent à échéance et réduisent leurs besoins en cash, en supprimant leurs investissements et en réduisant leur personnel, cela a entraîné une diminution de la demande de crédits de la part des entreprises permettant aux banques d’expliquer que si elles ne prêtent pas c’est qu’il n’y a plus de demandes.

Cette crise se caractérise par une aggravation du chômage (de 4% à 10%), un nombre croissant de faillites notamment bancaires (80 banques en 2008 et 2009) et une décroissance des investissements. La F.E.D a évité le pire en sauvant les grandes banques (à l’exception de Lehman) et A.I.G. Mais les mesures que l’on prend pour combattre la crise financière actuelle seront-elles suffisantes pour résorber les inconvénients qu’elle a produite ? Quelles seront les solutions pour résorber la crise structurelle décrite plus haut ?

·     Les autorités politiques et financières ont compris qu’il fallait circonscrire la crise financière et préparer, très vite l’après-crise.

Pour éviter que les faillites bancaires ne créent une crise systémique les autorités U.S ont sauvé la banque Bear Stearns et les deux G.S.E.s. L’opinion publique américaine s’est alors inquiétée d’une possible forte hausse des impôts. Et Henry Paulson a pris la décision de laisser tomber  en faillite Lehman Brothers, opération hasardeuse car on avait sous-estimé le caractère international de ses opérations. Devant cet ébranlement systémique, les autorités ont alors sauvé les grandes banques.

Dés ce moment, l’Euroland a fait des propositions et même obtenu quelques résultats lors des réunions du G20 crée à la demande du président Sarkozy alors à la tête de l’union Européenne. On peut classer ces projets, en plusieurs catégories,

- lutte contre les paradis fiscaux,

- Encadrement des bonus,

- Système de contrôle international des organismes financiers,

- Contraintes sur les capitaux propres,

- Réduction des surendettements des particuliers,

- Traitements des produits dérivés sur des marchés organisés.

Malgré une certaine amélioration très récente et sans doute une reprise conjoncturelle forte dans les mois à venir, on ne peut pas parler de fin de crise tant que le chômage ne commence pas à baisser de façon significative. Très vite les USA auront à faire face à deux mauvaises options :

- Une forte dévalorisation du dollar à l’égard des pays émergents accompagnée, de nouvelles émissions monétaires pour aider à la reconstitution du tissu industriel.

- Un retour au protectionnisme permettant de protéger une industrie renaissante. Cela rappelle l’entre-deux guerres où le pays à balance commerciale dominante (les U.S.A.) avait voté le « Hawley-Smoot Tariff » (1930). A notre époque, c’est la Chine avec sa balance commerciale maintenant dominante qui promeut un retour aux fermetures de frontières, d’où une guerre avec les Etats-Unis qui créent un tarif anormal sur les pneus chinois, incitant ces derniers à taxer les poulets et les automobiles américaines.

Ces solutions à la fois inflationnistes et malsaines sur le plan international pourraient peut-être être évité si les pays occidentaux acceptaient de faire un effort commun de recherche et de développement pour l’amélioration de la création de jeunes entreprises, seul moyen de recréer un tissu industriel, …. à générer de la productivité, donc du pouvoir d’achat et de résorber le chômage. Enfin si l’ensemble des pays essayaient de chercher un nouvel équilibre des changes... mais nous nous en sommes très loin… l’Euro……. l’Europe risque d’en faire les frais.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                             

Repost 0
Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
commenter cet article
21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 21:11




L'efficacité en économie exige une stratégie et de la pugnacité. A titre d'exemple, les Britanniques ont fait les choix suivants : laisser agir le marché pour les biens et services comme pour le travail ; l'objectif a été de créer, avec l'attraction de la City, une économie de services (métiers à valeur ajoutée et services à faible productivité). C'est ce modèle qui a permis l'augmentation du niveau de vie. L'Allemagne a signé une politique de déflation compétitive pour permettre aux entreprises (biens d'équipement industriels) de développer leurs parts de marché internationales.

En France, on ne veut pas choisir : on parle de renforcer le pouvoir d'achat, de restaurer la compétitivité du tissu industriel et, dans le même temps, on ne touche pas au modèle social qui, par manque de ressources, ne remplit plus son rôle. Il y a absence de stratégie par manque d'adaptation aux réalités économiques et géopolitiques. A titre d'exemple, on voit combien le débat sur la TVA sociale est loin de la réalité dans notre pays ; en Allemagne, cette mesure s'est inscrite dans une stratégie du refus de l'inflation en s'appuyant sur un euro fort et qui promeut l'industrie des biens d'équipement pour l'exportation ; cela implique une demande intérieure faible et la délocalisation d'une partie de la production vers les pays de l'Est pour gagner en compétitivité. A côté de cette stratégie industrielle, l'Allemagne a conservé un modèle social protecteur à prélèvements obligatoires importants.

Au Royaume-Uni, le tissu économique est constitué de grandes entreprises construites par croissance externe et des groupes bancaires mondialisés qui ont chacun faculté à se développer sur les marchés mondiaux ; on est en présence d'une croissance par le savoir-faire stratégique et financier, et non par la compétitivité industrielle. Ce modèle demande un libre fonctionnement des marchés, il assure un quasi-plein-emploi avec une protection sociale plus faible.

Ainsi les pays développés qui répondent aux enjeux de la mondialisation semblent le faire selon deux modèles : ceux qui ont établi leur offre sur des produits à haute valeur ajoutée en jouant sur la qualité et le savoir-faire ; ces pays brident leur demande intérieure au profit de gains en parts de marché mondiales ; et ceux qui ont des entreprises mondiales et un système bancaire très développé ; les fabrications sont délocalisées et ne sont conservées que les fonctions stratégiques ; la consommation intérieure est le principal moteur de la croissance ; les déficits commerciaux sont importants, mais la puissance du système financier attire les capitaux, contrepartie nécessaire à l'équilibre.

La situation de notre pays est intermédiaire : des groupes internationaux mais un tissu de PME trop lâche, un marché du travail bloqué par une rigidité corporatiste, des gisements d'emplois réels mais inexploités (distribution, tourisme, services à la personne...), de grands groupes financiers mais une place boursière qui manque de profondeur (et de capitaux longs), un Etat omniprésent mais sans efficacité réelle.

L'urgence est de débloquer la croissance potentielle ; ceci exige une forte capacité à créer des emplois à partir de nos points forts actuels : tourisme, distribution, service. Notre pays n'a pas réfléchi sur ses compétences et ses atouts et n'a pas analysé les incohérences de son système social, dont le financement est basé encore en majeure partie sur un travail trop rare et des protections de nature corporatiste.

Chaque grand pays a fait un choix en matière d'aide aux entreprises : l'Allemagne le fait à travers ses districts industriels et ses structures de transfert technologique ; le Royaume-Uni investit dans la santé et l'éducation ; les Etats-Unis financent leurs industries de pointe à travers les réseaux militaro-industriels et le Small Business Act. En France, depuis la fin des grands programmes, il n'y a plus d'impulsion suffisante ; les seules actions notables ont été la mise en place des incubateurs publics, la création des pôles de compétitivité et la création des FCPI.

La croissance demande plusieurs types d'actions : choisir des secteurs ou nos avantages sont réels, tourisme, distribution, BTP, équipements ferroviaires, aéronautique, nucléaire, télécommunications, agriculture ; réfléchir sur ce que nous pouvons encore faire dans les secteurs du futur, biotechnologies, santé, composants électroniques ; mettre en place un équivalent français (eurocompatible !) du Small Business Act ; créer des filières de financement homogènes et continues pour les nouvelles technologies ; développer la place financière parisienne en facilitant la présence d'acteurs de long terme, en simplifiant le droit des titres et en renforçant la légitimité des instances de régulation.

Enfin, le choix social demande un débat sur la nature de notre protection sociale, qui est à la fois étatiste et corporatiste (variété des régimes de retraites ; statuts différenciés, aides de toute nature, niches fiscales). Les autres pays ont fait des choix (modèles social-démocrate ou libéral) clairs et, de ce fait, gèrent plus efficacement l'Etat et les organismes de redistribution, ce qui permet d'alléger la dépense publique et de mieux orienter les choix.

Contrairement à ce que l'on croit, notre système n'est pas égalitaire et universel ; certaines catégories reçoivent plus ; la transparence est faible... un tel système engendre défiance et repli. Or l'économie, fondée sur une multiplicité de marchés et la variété des échanges, a besoin de confiance !

Nous avons besoin d'un Etat stratège qui se concentre sur des problématiques d'avenir et non sur la gestion de pans entiers de notre régulation économique et surtout sociale !

, 18/04/2008, EMMANUEL HARLÉ est fondateur et associé gérant d'un fonds d'investissement
Repost 0
4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 08:58

Le rejet inattendu du plan Paulson a entraîné un accroissement du stress bancaire et le gel complet du marché interbancaire. Si les actions publiques ont été retardées et dramatisées, la réalité a montré qu’il existait un prêteur en dernier ressort à savoir l’Etat. Le plan US et les décisions des pays européens ont évité l’effondrement total et entrainé une première révision des normes comptables extravagantes (et qui se poursuivra  dans la discrétion).

Aux Etats-Unis, une forte action monétaire et budgétaire est menée, ce qui garantit à terme une situation régularisée. Toutefois le stress vécu ces dernières semaines laissera subsister des accès de paniques et une grande volatilité sur les marchés actions. Il ne faut pas oublier que ces paniques ont conduit à prendre des mesures plus fortes que prévues des deux cotés de l’Atlantique. 

Cela n’empêchera pas toutefois la contraction des liquidités conséquence du puissant ralentissement économique en cours. Si la crise est bien due à des pertes réelles en provenance des crédits immobiliers et de leur titrisation, le développement de cette crise financière est dû à l’addition  de règles comptables procycliques (notion de prix de marché instantané), d’une mauvaise utilisation des analyses des agences de rating qui se basent sur un passé comptable ( elles ne sont pas chargées de l’appréciation du risque qui est la base du métier de banquier !) et de la confusion dans la panique des critères de solvabilité et de liquidité. Pour sortir de cette course (trappe) à la liquidité, il fallait une intervention des Etats seule capable de fournir du temps, des liquidités et des prix aux marchés; les plans américains et européens répondent à ces objectifs. 

Les banques Centrales ont remplacé les marchés interbancaires (retour au fonctionnement des années 70 !). Aux USA, la banque Centrale élargit la gamme des " papiers " qu’elle échange contre des bons du Trésor. Le Trésor accroît la quantité de bons du Trésor détenu par FED sous forme de prêts ou sous forme d’augmentation de capital. En Europe le mécanisme de la garantie publique à été utilisé car il n’y a pas de Trésor européen .Fin 2007, la dette américaine était de 5000 Milliards de $, soit 37% du PIB et la dette de la zone Euro de 6000 Milliards d’Euros, soit 66.4% du PIB.La meilleure situation des finances américaines va permettre une relance budgétaire importante ce que l’Europe aura du mal a faire ; d’où l’insistance du Président français quant à la mise en place d’un gouvernement Européen.

En outre, la modification comptable permise récemment va permettre une reclassification entre catégories d’actifs au sein des bilans bancaires afin de permettre des transferts d’actifs financiers soumis au " Mark to Market " vers des catégories d’actifs pouvant être maintenues à leur coût historique.

La panique va certes s’atténuer. Cependant la crise de liquidité va encore durer car les pertes bancaires ont abouti à un crédit crunch qui entraîne un réel ralentissement.

La crise du crédit sera longue (plusieurs mois) ; l’économie est sur une tendance baissière qui ne va pas s’arrêter tout de suite. Nous sommes au sein d’un processus de récession-déflation.

Aux USA, la chute de la consommation des ménages va renforcer cette tendance ; l’effet du crédit d’impôt du plan de relance du printemps est terminé. Un nouveau plan de soutien sera sans doute voté au Congrès après l’élection.

L’Europe était tiré par trois moteurs: la consommation des ménages, l’immobilier et les exportations allemandes. A ce jour, ces trois moteurs sont arrêtés ; l’Espagne et la Grande Bretagne vont connaître du fait du retournement de leurs marchés immobiliers une réelle dépression.

Les plans de sauvetages bancaires, et les baisses des taux des Banques Centrales vont permettre la reconstitution des fonds propres des banques et faire redémarrer le crédit…mais quand ?...et pour soutenir quels acteurs : les consommateurs sont en berne ! Les entreprises à l’affut. 

En synthèse, trois mesures fondamentales sont mises en œuvre en ce moment : 

-avoir des taux courts nominaux et réels le plus bas possible,

-sauver le système bancaire pour relayer la politique monétaire à travers le crédit,

- utiliser le budget pour soutenir l’activité. 

La FED a baissé ses taux, la BCE a commencé à le faire. Il est urgent qu’elle aille plus loin et plus vite. Le système bancaire est provisoirement tiré d’affaire. L’arme budgétaire a déjà été utilisée au printemps et va l’être à nouveau aux USA. En ce qui concerne l’Europe, les relances budgétaires se feront pays par pays avec moins d’aisance et c’est un risque majeur, car si les européens ne se mettent pas à l’élaboration d’une véritable politique de relance, on peut se retrouver dans une situation à la japonaise.

La demande intérieure US pourrait commencer à se redresser au deuxième semestre 2009 si un puissant plan de relance est mise en œuvre. En Europe le poids de la dette et les différences d’approche entre Nations rendront ce processus plus difficile plus long et peut être plus aléatoire ! 

Les marchés émergents sont eux aussi loin d’être à l’abri : 

- La Russie comme le Venezuela, tiraient leur croissance de l’augmentation des prix du pétrole ; c’est la valeur et non le volume de ces produits qui avait augmenté. Lorsque celle-ci baisse, les excédents se réduisent comme peau de chagrin.

-les pays de l’Est, le Brésil et l’Inde ont bénéficié de l’apport de capitaux étrangers. Le crédit crunch et la " fuite vers la qualité " vont entraîner un sérieux freinage.

- la Chine a bénéficié d’une forte demande de produits industriels des pays de l’OCDE, comment remplacer cette demande quand elle baisse ? Il faudrait que le Renminbi soit réévalué, que la consommation intérieure soit favorisée, que le crédit vienne soutenir un investissement qui ne bénéficierait plus de la transformation des dollars en monnaie intérieure.

Ces pays vont, dans les prochains mois, détériorer le paysage économique mondial. Avec plusieurs incertitudes majeures : risques bancaires, immobiliers ou politiques.

 

En conclusion

Des désillusions sont à venir sur les résultats des entreprises sont les actions sont basses. Cela assure à long terme, un rebond élevé lorsque les BPA reprendront le chemin de la croissance.

Les perdants seront ceux pour lesquels la liquidité est fondamentale, à savoir : matières premières, marchés émergents, immobilier européen, structures spécialisées dans les LBO, et peut être à terme l’Euro (contre le dollar).

 Il est toutefois impossible d’apprécier le moment du retournement. Il n’en reste pas moins que l’économie réelle reprendra son chemin. 

Les Etats-Unis seront les premiers à sortir de la crise. La zone Euro en sortira beaucoup plus tard et à condition de jouer un jeu collectif. Quant aux pays émergents, ils rentrent maintenant dans la crise et les conséquences ne seront pas seulement économiques mais géopolitiques avec toutes les incertitudes que ce genre de situation sous-entend.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 10:44

Nous sommes passés d'un risque conjoncturel à un risque plus structurel. Les évolutions des prix à la consommation vont, de nouveau dépendre des politiques des Banques Centrales. Depuis le milieu des années 90, les variations des indices de prix n’étaient que peu corrélées aux variations des masses monétaires ; lorsque les liquidités étaient abondantes, les hausses de coût ont été contrecarrées par les effets déflationnistes provenant des biens importés des pays émergents.

Ces forces déflationnistes sont en train de disparaître ; d’une part les prix des biens importés ont commencé à monter (hausse des salaires et de la demande dans les pays émergents ; augmentation du taux de change de ces pays ; abandon de la rigueur monétaire et budgétaire chez certains), et d’autre part, les matières premières sont à la hausse du fait de l'industrialisation de ces mêmes pays. Auparavant, les excès de liquidités ne se déversaient pas dans les prix à la consommation, mais dans les prix des actifs ; la hausse des prix était là mais n'apparaissait pas dans les indices de prix à la consommation. Les Banques Centrales ont eu la partie facile ; elles vont maintenant se trouver confrontées à des choix douloureux. Jusqu’à présent, la mondialisation avait distendu le lien entre la masse monétaire et les prix ; cette " exception " a pris fin. Cela va conduire à des modifications profondes dans la conduite des politiques monétaires.

En effet, une hausse des prix à là consommation peut avoir une double origine :

- soit un excès de la demande par rapport à l'offre : les capacités de production ne permettent pas à un moment donné de répondre à cette demande et les producteurs en profitent pour augmenter leurs prix. La hausse des taux comprime la masse monétaire, ralentit la circulation de la monnaie par accroissement des encaisses monétaires et  les tensions sur les prix se calment ; la hausse des importations ces dernières années a, de surcroît mis les prix sous contrainte tout en répondant à la demande, ce qui facilitait l’action des Banques Centrales.

 

- soit un accroissement des prix de certains biens (matières premières) qui n'est pas directement la conséquence d’un déséquilibre offre / demande ; ces prix augmentent indépendamment de la demande ; si ces derniers sont des éléments importants des coûts de fabrication, les producteurs vont répercuter ces hausses dans leurs prix de ventes ; si l’on veut éviter une dérive inflationniste, la Banque Centrale n’a comme solution que de contraindre la masse monétaire pour que l’ajustement se fasse par les quantités et les prix et cela sans échappatoire comme auparavant. De surcroit si la politique de la Banque Centrale est comprise comme donnant la priorité à la lutte contre l'inflation, les entrepreneurs vont anticiper une diminution de la demande et donc une difficulté à intégrer dans leurs prix les hausses de coûts ; ils se verront obligés de réduire la masse salariale ; ainsi l’accroissement du chômage aboutira à la baisse de la consommation. Les biens et services produits dans le pays baissent en volume et en prix sauf à accepter une baisse de la valeur de la monnaie (ce qui est en cours en ce moment aux Etats-Unis).

Dans la situation actuelle : ralentissement et hausse des prix des matières premières, les Banques Centrales doivent choisir entre : l'action contre l’inflation ce qui implique une récession avec un risque déflationniste, et, l'action contre le ralentissement économique, ce qui implique un développement des anticipations inflationnistes avec un risque inflationniste de " deuxième tour " .

La BCE donne la priorité à la lutte contre l'inflation ; avec un euro fort, l’Europe peut s’enfoncer dans la déflation. La FED a d’abord donné la priorité au soutien de l'activité économique, elle semble accorder plus d’importance à l’inflation tout dernièrement.

A ce jour des grands groupes répercutent les hausses de coûts (encouragés par les marchés financiers) ; les PME, quant à elles anticipent à la fois une baisse de volume et une augmentation des prix de vente.

La contradiction des signaux entre d’une part la BCE (lutte contre l’inflation) et la FED (sauver le système financier et maintenir un minimum d’activité domestique ; période électorale oblige : on ne peut pas à la fois mettre les gens à la rue (subprime) et au chômage (hausse des taux)) font que les acteurs économiques restent dans l’expectative ; les repères (taux d’intérêts, cout et prix) ne sont plus stabilisés à court comme à moyen terme. En fait tant que la crise immobilière (subprimes et rehausseurs de crédits) ne sera pas jugulé (il faudra bien mettre en place une garantie fédérale ; ce qui est en train de se faire …) et que les banques n’auront pas entièrement mesurées et apurées leurs pertes réelles et tirées toutes les conséquences de la perte des profits sur les activités de marché, l’économie des pays développés ne pourra pas repartir du fait d’un crédit rare ; la reprise sera plus longue en Europe, car les taux pratiqués par la BCE ne facilitent pas la reconstitution des marges.

Qu’on le veuille ou non cette crise financière débouche sur une crise de la consommation dans les pays développés, dont ses effets sont longs à se diffuser dans le tissu économique ; les étapes en sont les suivantes : crise immobilière ; contractions dans le secteur de la construction et crédit Crunch diffusent le ralentissement à tous les secteurs, il s’ensuit une érosion de l’emploi, une hausse du chômage, et une baisse des rentrées fiscales.

Ce ralentissement verra son amplitude varier en fonction d’une part de la politique de la FED (une action plus soutenue contre l’inflation accroîtrait cette amplitude) ; en outre une baisse des matières premières, redonnant du pouvoir d’achat et des liquidités aux consommateurs des pays développés ne permettrait pas une reprise très rapide du fait de la nécessité de se désendetter avant de dépenser à nouveau.

Nous restons finalement toujours avec la même inconnue : qui peut prendre le relai d’une consommation occidentale assise sur une démographie pour le moins mature ?

Les pays émergents ont-ils aujourd’hui des marchés intérieurs suffisamment structurés pour prendre cette place ?

Les taux de croissance Chinois sont-ils fiables ?

 

Repost 0
Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
commenter cet article
15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 15:16

Quelques idées fausses sont en train de disparaître :

  •  

  • L'argent bon marché sur une longue période ...  
  •  

  • L'innovation financière qui, en répartissant les risques au travers de multiples structures, fait apparemment baisser ces derniers.  
  •  

  • Les taux réels longs trop bas (le fameux " conundrum " de Greenspan ") ont semble-t-ils été la conséquence d'un excès d'épargne au sein de certaines banques centrales (Chine...), qui s'investissait en obligations d'état (US). Cette masse d'argent a non seulement maintenu les taux longs très bas, mais a fait baisser l'appréciation du risque sur l'ensemble des produits de taux. En outre, les innovations financières permettant le transfert du risque de crédit des banques aux gérants d'épargne, ont permis le développement des opérations à effet de levier de façon considérable.  

       
  • Les taux courts (gérés par les banques centrales) remontent, et il semble que nous rentrons dans une période de réduction de l'épargne et d'utilisation de cette dernière à des usages productifs et non plus seulement financiers. Si nous entrons en sus dans une fin de cycle entraînant notamment un ralentissement dans les pays industrialisés, ce retournement devrait s'accompagner d'une hausse des taux réels longs (processus déjà à l'oeuvre).   
  •  

  • Quand les gérants de fonds de retraite et d'assurance retrouveront une rentabilité réelle minimum sur des obligations gouvernementales, ils réintègreront une prime de risque plus importante sur les taux des émissions privées qui augmenteront, et partant, tous les financements d'actifs avec effets de levier se raréfieront. Ceux qui ont investi au cours de ces dernières années auront du mal à céder leurs actifs car les acheteurs n'auront plus les facilités de crédit des années passées.  
  •  

  • Par ailleurs, le ralentissement économique induit par cette probable fin de cycle entraînera un ralentissement des rentrées fiscales qui, ces dernières années, sont à l'origine des diminutions des besoins de financements publics. Les déficits augmenteront à nouveau au moment même ou les ressources des banques centrales se réduiront.
  •      

  • Il reste maintenant à se poser une question : le ralentissement américain sera-t-il faible ou prononcé ? En cas de " hard landing " existe-t-il ailleurs des relais de croissance ? En effet, un ralentissement nettement plus fort que prévu aux USA et une crise immobilière (Espagne ou Grande-Bretagne) feraient baisser de façon importante les excédents chinois, japonais et allemands du fait du ralentissement de la croissance occidentale.
  •   
       
  • La plupart des conjoncturistes parient, semble-t-il, sur un faible ralentissement de la croissance de la consommation aux USA. En effet ces dernières années, celle-ci est restée indifférente aux divers avatars économiques et financiers : En 2001 et 2002, alors que l'emploi baissait, la consommation US a été aidée par une forte baisse des impôts sur le revenu et l'augmentation de l'endettement immobilier des ménages. Depuis 2003, l'expansion de l'investissement productif a permis une création importante d'emplois et la consommation des ménages a suivi. Jusqu'à présent si le rythme des créations d'emplois a baissé tout en restant positif, cela s'est avéré suffisant pour que les effets de la crise immobilière soient atténués. Or l'investissement productif semble décrocher depuis plusieurs mois ; à terme, l'impact sur l'emploi et la consommation pourrait se manifester ; à partir de cet état de fait, l'immobilier pourrait devenir un amplificateur de crise si l'emploi devait faiblir car l'endettement passé pèserait alors sur les dépenses des ménages.
  •   
     
  • Par ailleurs, en Europe, plusieurs éléments sont à prendre en considération : La hausse des taux de la BCE commence à produire ses effets dans la construction ; les prix ont plus monté en Europe qu'aux USA ; en Espagne et en Grande-Bretagne, l'immobilier reste très spéculatif ; enfin le BTP a davantage contribué à la croissance en Europe qu'aux USA.
  •   
     
  • Si la fin de cycle occidentale est plus forte que prévu, où peut-on trouver des relais de croissance ? Ni la Russie, ni le Brésil, ni le sud est Asiatique, ni l'Inde ne peuvent aujourd'hui prendre le relais ; Quid de la Chine ?
  •   

  • La Chine a, avec la zone atlantique des comptes extérieurs excédentaires. Ces excédents se compensent avec les déficits qu'elle a avec ses fournisseurs de matières premières ; Il lui reste un solde net positif (près de 200 milliards de $ en 2006).
  •  

Ces excédents sont apportés à la Banque de Chine qui remet aux exportateurs des Renminbi qui s'investissent à l'intérieur (surtout dans l'immobilier de bureaux). De son côté, la Banque de Chine accroît ses réserves en titres publics US. Tout ralentissement de la demande dans la zone atlantique a automatiquement une triple conséquence sur l'activité des pays exportateurs vers la Chine, sur l'investissement en Chine et sur les placements de la Banque de Chine.

 

La consommation interne Chinoise pourrait-elle prendre le relais ?

 

Cela semble peu probable à court terme...

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Emmanuel Harlé - dans Economie
commenter cet article
20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 18:11

Le solde de nos échanges se dégrade depuis plusieurs années ; le solde négatif représente 2 % du produit national. Si, la France renoue avec une tradition de fragilité de ses échanges extérieurs, cette rechute contraste avec les douze années d’excédent commercial que nous avions connues entre 1992 et 2003.

La balance commerciale est en déficit croissant, c’est parce que nos exportations progressent plus lentement que nos importations.

Nos exportations s’accroissent relativement lentement : depuis sept ans, elles ont progressé de 21 % alors que le commerce mondial augmentait de plus 5 % par an dans la même période. Ceci traduit  un recul de la part des exportations française de marchandises dans les échanges mondiaux de 6,5 % à 4,1 %. En outre, notre excédent traditionnel dans le secteur des services (tourisme, transports, grands travaux à l’étranger),est tombé a 0,2 % du PIB en 2006, contre 1,4 % en 2000.

La part de la France dans le total des exportations de la zone euro, sur les quinze dernières années, est passée de 17,5 % à moins de 14 %.

Si l’on analyse le contenu en importations de la demande intérieure on constate que les achats des français se portent plus sur les biens achetés à l’extérieur que sur ceux produits en France. Depuis 2000, face à une consommation en augmentation de 23 %, l’indice de la production intérieure n’a progressé que de 8 % contre 68 % pour les importations.

L’"élasticité" des importations à la demande est de 2,5 ; un pour cent de demande supplémentaire se traduit par 2,5 % d’augmentation de nos importations… Ce fait, montre l’inanité des politiques de relance par la demande ;  toute relance profite presque autant aux producteurs étrangers qu’à l’emploi en France, tout en aggravant le déficit extérieur.

Cette mauvaise performance extérieure a pour conséquence une « contribution négative » du commerce extérieur à la croissance ; la progression de notre économie est amputée, par le déficit extérieur.

Quelles en sont les causes véritables ?

L’euro ! A un cours proche de 1,50 dollar par euro, cette monnaie est surévaluée d’au moins 20 % par rapport au dollar, au yen japonais et au yuan chinois. Cependant, il ne faut passer sous silence, plus de la moitié de nos échanges se font avec les pays de la zone €uro ; qui ne sont en rien affectés par ce taux de change. Enfin, l’€uro n’a pas empêché les Allemands de retrouver la place de premier exportateur mondial, et d’enregistrer des excédents records ; l’Allemagne maintient sa part de marché mondial.

Avec un prix du baril qui a dépassé les 90 dollars, le poids de nos achats d’hydrocarbures augmente. Cependant, la France est moins touchée par cette surcharge grâce à la part importante du nucléaire dans sa production électrique, (proche de 80 %). En dollars constants, les 90 dollars le baril d’aujourd’hui sont équivalents aux 40 dollars le baril de 1980. La mauvaise spécialisation géographique de nos exportations (trop peu présents dans les pays émergents) justifie de faire un large effort dans cette direction. D’un point de vue sectoriel, nous ne disposons pas de PAC entrainées à exporter, notamment dans l’industrie des biens d’équipement, et qui conservent leurs clients malgré l’augmentation des prix de vente. Il faut cependant pondérer ces remarques ; les études toutefois la spécialisation sectorielle comparative de la France et des autres pays exportateurs ne montrent que des écarts limités.

La vraie explication de notre déficit extérieur tient simplement à une large perte de compétitivité durable. Si l’on compare notre pays a ceux dont le commerce extérieur est excédentaire, on s’aperçoit de l’action négative de plusieurs facteurs deux faits.

La quantité de travail effectue en France est trop faible. Si la productivité horaire française, au niveau des meilleurs, le nombre d’heures travaillées dans l’année est, inférieur à celui des autres pays : 1 472 heures par an pour un salarié à temps complet, contre 1 739 pour la moyenne de l’UE, selon une enquête de l’INSEE. C’est, la conséquence de la semaine de 35 heures, mais aussi de jours fériés et congés payés généreux. A un salaire annuel équivalent, l’entreprise française dispose d’un moindre temps de travail, et, donc, de quantités inférieures à vendre. Notre industrie, nos services, peine à répondre à la demande extérieure et à concurrencer les importations de pays tiers.

« Cette insuffisance du temps de travail est aggravée par le fait que nos forces productives sont sous-employées : le « taux d’emploi », (rapport entre la population au travail et celle en âge de travailler) n’est de 63 % en France, soit dix points au-dessous des Etats-Unis. Cela est dû à un taux de chômage élevé (un point de plus que la zone euro, quatre points celui des USA ou de la Grande-Bretagne), qu’à une faible participation des plus jeunes et des plus âgés au marché du travail. Comment être compétitifs lorsque les jeunes entrent plus tard sur le marché du travail, et qu’un de nos concitoyens sur deux a cessé sa vie active à 57 ans.

Il faut ajouter les charges sociales, plus élevées en France qu’ailleurs, sauf en Europe du Nord. Il s’ensuit que le coût horaire de la main d’œuvre est supérieur de 20 % environ à la moyenne de la zone €uro et de 40 % à celle de l’ensemble de l’UE à 27 et cet écart, s’accroit chaque année.  

Enfin, l’insuffisance de l’innovation de marché dans notre industrie et nos services en ligne. L’enseignement supérieur reste le parent pauvre de notre système de formation ; l’effort de recherche & développement (Etat et entreprises) est insuffisant et les pme innovantes  ne sont pas assez soutenues, notamment en matière d’accès aux commandes publiques et d’investissement en fonds propres. Malgré les initiatives annoncées dans ces domaines, il reste beaucoup à faire. Aujourd’hui, la France dispose, de grandes entreprises internationales performantes, qui produisent de plus en plus hors de nos frontières, tandis que le tissu d’entreprises petites et moyennes, implantées sur le territoire, et fournissant des emplois qualifiés avec une forte capacité exportatrice, reste trop insuffisant.

Il est clair que notre pays a besoin d’une politique de réformes et d’investissements, pour reconstituer notre compétitivité. 

                                                                                                                            

 

Repost 0

Présentation

  • : Emmanuel Harlé
  • : Site du fondateur d'un fonds d'investissement dédié aux regroupements sectoriels
  • Contact

Recherche

Liens