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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 12:51
• En moins d’une décennie, l'euro est devenu la deuxième monnaie loin derrière le dollar. La crise qui fragilise le dollar propulse l'euro dans un rôle de monnaie de réserve pour lequel il n’est pas préparé. Ce statut instable fait peser de nouvelles responsabilités sur la zone euro. A ce jour, l’Eurozone (15 Etats membres) n’a pas de ligne de conduite globale sur les économies des pays membres, la BCE n’a pas d’interlocuteur à sa mesure, et ne peut donc pas aisément intégrer une politique de change et de croissance (avec qui en parler ?). • L’euro reste surévalué par rapport aux autres monnaies de façon durable. L’euro vaut actuellement environ 1,50 dollar, alors que sa parité devrait s ‘établir aux alentours de 1,15 euros. • Vingt ans après la fondation des principes de l'Union monétaire, les partenaires se séparent toujours entre trois camps : les partisans d'une Union minimale, fondée sur l'indépendance de la Banque centrale, une discipline budgétaire et un bon fonctionnement de la concurrence ; ceux qui veulent un gouvernement économique de l’Eurozone ; et ceux qui plaident pour une union de nature « fédérale ». L’absence de choix crée des contradictions qui paralysent et le caractère illisible voire incompréhensible de la « politique européenne » nourrit le ressentiment (nous ne sommes plus dans l’insatisfaction !) des peuples. Bruxelles a reçu par voie institutionnelle la garde de la politique de la concurrence et la surveillance de quelques équilibres macro économiques (déficit budgétaire et endettement) qu’elle utilise mais aussi la formulation des orientations générales de la politique de change qui n’est manifestement pas d’application ! Si toutes les grandes nations (USA, Chine, Japon …) ont des politiques de change actives dans un but d’intérêt national (croissance et développement) … Les nations européennes n’en ont plus ! • Il n’existe donc pas de gouvernement « économique » de la zone euro, mais un ensemble d’Etats souverains, avec des intérêts souvent divergents ; l’opposition fréquente de la France et de l’Allemagne sur la définition d’une politique de change pour la zone euro en est l’exemple le plus emblématique. De ce fait les gouvernements européens ne disposent plus de la politique monétaire pour intervenir sur le marché des changes. La Banque Centrale Européenne (BCE) dont la mission consiste à contrôler l’inflation potentielle, a tendance à augmenter les taux d’intérêt à court terme, dès que les prix commencent à s’élever ; ce faisant, elle favorise une hausse mécanique de l’euro du fait de la progression du taux d’intérêt. Il n’y a pas de raison que cela change puisque les changements institutionnels dans l’Union Européenne provoquent des blocages. La BCE ne devrait donc pas changer de cap avant longtemps ; sa localisation à Francfort renforce encore cette tendance. • A rester la variable d’ajustement mondiale (monnaie de réserve, émissions obligataires…) la monnaie européenne risque d’avoir des jours difficiles devant elle. Une monnaie est la contrepartie d’un ensemble de richesses organisé, cohérent et sachant défendre ses intérêts (pouvoirs politiques, économiques et militaires). Hors l’Europe comme acteur souverain est une idée qui ne mobilise pas les peuples Européens ; l’ensemble n’est pas homogène à la fois sur les plans sociaux, culturels et économiques ; cette absence d’homogénéité de l’Union actuelle entraine la non présence d’une contrepartie forte en face de la BCE, qui de ce fait ne peut que constater l’état de la conjoncture économique Européenne et utiliser sa seule arme la régulation de la masse monétaire. • Il y a donc un pouvoir monétaire, la BCE ; Il n’y a pas de pouvoir européen capable de définir un policy-mix efficace. Or la voie constitutionnelle ou institutionnelle est bloquée (les peuples européens sont méfiants) ; force donc oblige les seuls pouvoirs réels européens, les gouvernements à trouver des moyens et projets concrets pour agir ; en matière monétaire l’Eurogroupe est la seule structure de coopération qui existe et qui peut œuvrer rapidement et sans débat « institutionnel » ; c’est à lui que devrait revenir le pouvoir de définir le policy-mix européen et la politique de change en liaison avec la BCE ; la reconnaissance de l'Eurogroupe comme instance, de décision pour fixer une politique de change est un élément clé, encore faut-il que les choix budgétaires des nations européennes soient homogènes ; en ces temps compliqués ce n’ est pas le cas ! L’euro qui est une construction politique, pourra-t-il y survivre ? • En effet l’actuelle crise financière et économique a vu se développer : - des actions très fortes des grandes banques centrales qui ont baissé vite et fortement les taux directeurs, qui ont modifié les collatéraux acceptés en garantie, ce qui s’est traduit par une explosion du total de leur bilan (il existe cependant une différence importante de qualité dans la structure des bilans de la FED et de la BCE qui ne sera pas sans impact sur les stratégies de sortie de crise ; le bilan de la BCE est qualitativement bien meilleur et plus liquide), - une très grande coordination des mesures prises par les grands acteurs étatiques qui a permis la rapidité de mise en place des dispositifs et de relance dans les grandes économies. • On peut en observer aujourd’hui les premiers résultats : - normalisation des marchés financiers et de la volatilité des marchés actions, - signes de reprise mesurée au travers des indices de confiance (les économistes ont tendance à minimiser l’ampleur des reprises ; la reprise de 94 a été 2 à 3 fois plus vigoureuse que les consensus exprimés à l’époque), • Il reste toutefois de réels aléas, une divergence entre l’évolution des prix des matières première sans corrélation avec la reprise constatée en Occident pourrait bloquer durement les économies des pays de l’OCDE. Par ailleurs le retour de l’inflation dans la zone euro est à ce jour peu crédible pour plusieurs raisons : la capacité de la BCE à retirer très vite des liquidités du marchés compte tenu de la qualité de son bilan, l’indépendance très forte de cette dernière, une population vieillissante avec un niveau d’épargne élevé qui constitue le premier collège électoral et qui demandera des politiques de protection de l’épargne (50% des votants effectifs à l’élection présidentielle de 2007 avaient 65 ans et plus… !!). • Cette sortie de crise va prendre l’Europe à contrepied. En effet, le faible risque d’inflation mettra les marges des entreprises en difficulté, si les matières premières remontent du fait de la croissance des pays émergents. Ces dernières ne pourront pas consacrer de ce fait suffisamment de cash à leurs investissements ; or l’investissement dans de nouvelles technologies ou métiers est indispensable pour créer un levier de croissance réel, seul moyen de résoudre à terme le chômage. En outre les déficits publics accumulés dans certains pays avant la crise auxquels viennent s’ajouter ceux générés par les nécessaires politiques de relance, vont amener une hausse des taux (intégrants des primes de risque différenciées selon la qualité des émetteurs publics). Face à cette réalité, quelles sont les conséquences d’un euro fort pour l’économie française ? Une première analyse nous indique un impact négatif ; nous avons du mal à exporter et les importations rentrent facilement en France ; cette situation entraîne à moyen terme, une baisse de l’emploi provoquée par des délocalisations, une certaine désindustrialisation et la fuite des investissements hors d’Europe. Toutefois, un euro fort peut avoir des incidences positives : il permet à nos entreprises de s’implanter à l’étranger, ce qui aboutit à moyen terme, à des exportations supplémentaires vers les filiales étrangères et des rentrées de dividendes. L’augmentation du déficit de notre commercial est compensée par une augmentation des exportations de services et des transferts de produits. En revanche, le risque de désindustrialisation subsiste. Il ne peut être combattu que par un large effort en faveur de la recherche, pour augmenter le contenu technologique des produits fabriqués en France et renforcer nos secteurs de points. Accélérer la mise en valeur de notre recherche, en augmentant les moyens à sa disposition englobe nos efforts en matière d’enseignement supérieur, parent pauvre de notre développement, à une époque où celui-ci devient essentiel pour l’avenir. On en revient à l’adaptation urgente et nécessaire de la fonction publique et d’un Etat français qui a perdu toutes ses marges de manœuvre sur les trente dernières années : c’est le prix à payer pour donner un futur à l’Euro, pardon l’Europe et à notre pays.
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Published by Emmanuel Harlé - dans Politique
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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 12:02

Le succès en matière économique exige une stratégie, du temps, et de la ténacité. A titre d’exemple les britanniques ont fait les choix suivants : laisser agir le marché avec le moins d’interventions possible, pour les biens et services comme pour le travail : l’objectif a été, avec la capacité d’attraction de la City, de créer une économique de services, tant dans les métiers à forte valeur ajoutée, que dans les services à faible productivité. C’est ce modèle économique qui a permis le retour de la prospérité et l’augmentation du niveau de vie.

L’Allemagne, partant de sa base industrielle, s’est renforcée dans les biens d’équipements industriels ; une politique de déflation compétitive a été engagée depuis quelques années pour permettre aux entreprises industrielles de maintenir et développer leurs parts de marché à l’échelle internationale.

  En France, on ne sait pas choisir ou plutôt on ne veut pas choisir : on parle de préserver voire développer le pouvoir d’achat, on veut restaurer la compétitivité du tissu industriel qu’on a laissé se déchirer depuis 25 ans et dans le même temps on ne touche pas au modèle social qui, par manque de ressources et d’adaptabilité ne remplit plus son rôle ……. il y a absence de stratégie par manque d’adaptation des structures aux réalités économiques et géopolitiques actuelles. A titre d’exemple on voit combien le débat sur la TVA dite sociale est loin de la réalité en France ; en Allemagne cette mesure s’inscrit dans une stratégie de long terme qui a exclu les tensions inflationnistes en s’appuyant sur un euro fort (comme le Mark autrefois), qui promeut l’industrie des biens d’équipements pour l’exportation le moteur principal de la croissance et qui, de ce fait, aide les firmes à s’imposer à l’international dans les pays émergents comme dans les pays développés ; cela implique une demande intérieure faible et de favoriser les entreprises qui délocalisent une partie de leur production vers les pays de l’est pour gagner en compétitivité. A coté de cette stratégie industrielle, l’Allemagne a conservé en l’adoptant un modèle social protecteur avec des prélèvements obligatoires importants.

 Au Royaume-Uni et dans les pays nordiques le tissu économique est constitué de grandes entreprises construites par croissance externe et des groupes bancaires mondialisés qui ont chacun la faculté à se développer sur les marchés mondiaux ; on est en présence d’une croissance par le savoir-faire stratégique et financier et non plus seulement par la compétitivité industrielle des activités manufacturières. Ce modèle demande un libre fonctionnement des marchés (des biens, des services, du travail), il assure un quasi plein emploi soit avec une protection sociale faible (Royaume-Uni, Etats-Unis) soit avec un Etat providence (pays scandinaves).

 Les pays développés qui répondent efficacement aux enjeux de la mondialisation et de l’arrivée des pays émergents semblent le faire selon deux modèles : ceux qui ont établi leur offre sur des produits complexes et à haute valeur ajoutée en jouant sur la qualité, le savoir faire et la baisse des coûts de production en délocalisant certaines fabrications ; ces pays brident leur demande intérieure au profit de l’export, moteur de la croissance, pour gagner des parts de marché au plan mondial ; et ceux qui ont construits des entreprises mondiales et un système bancaire et financier développé et diversifié ; les fabrications sont délocalisées et ne sont conservées que les fonctions stratégiques (R& D, composants-clés, marketing, distribution). La consommation intérieure est le principal moteur à moyen terme de la croissance ; les déficits commerciaux sont importants mais la puissance du système financier attire les capitaux contrepartie nécessaire pour équilibrer la balance des paiements.

 La situation de notre pays est intermédiaire : des grands groupes internationaux mais un tissu de PME trop lâche, une consommation bridée par des salaires qui stagnent, un marché du travail bloqué par une rigidité administrative voire corporatiste, des gisements d’emplois réels mais inexploités (distribution, tourisme, services à la personne …), de grands groupes financiers (banques et assurances) mais une place boursière (7% du PIB contre 35% au Royaume-Uni !) qui manque de profondeur (et de capitaux longs), un Etat omniprésent et trop complexe mais sans efficacité réelle …

L’urgence est de débloquer la croissance potentielle ; ceci exige une forte capacité à créer des emplois à la fois sophistiqués et moins qualifiés à partir de nos vrais points forts actuels : tourisme, distribution, service …S’il est nécessaire de conserver et de développer des compétences technologiques fortes, notre pays n’a pas réfléchit en profondeur sur ses atouts n’a pas non plus analysé les incohérences de son système social dont le financement est basé encore en majeure partie sur un travail trop rare (chômage, 35 heures …) et des protections multiples de nature corporatiste.

 Chaque grand pays a fait un choix en matière d’aide aux entreprises : l’Allemagne, à travers ses districts industriels et ces structures de transfert technologique, aide ses entreprises exportatrices ; le Royaume-Uni investit dans la santé et l’éducation, les USA financent leurs industries de pointes à travers les réseaux militaro-industriels et le Small Business Act. En France depuis la fin des grands programmes, il n’y a plus d’impulsion pour retrouver un tissu entrepreneurial compétitif et efficace ; les seules actions d’envergure ont été la mise en place des incubateurs publics (loi Allègre 99/2000), la création des pôles de compétitivité et la création des FCPI.  

La croissance et la compétitivité demandent plusieurs types d’actions : choisir des secteurs ou nos avantages sont réels ou possibles : tourisme, distribution, services à la personne, BTP, équipements ferroviaire, automobile, aéronautique, constructions électriques, nucléaire, télécommunications, agriculture ; réfléchir sur ce que nous pouvons encore faire dans les secteurs du futur : biotechnologies, santé, composants électroniques ; mettre en place un équivalent français voire européen du Small Business Act américain créer des filières de financements homogènes et continues pour les nouvelles technologies ; et développer la place financière parisienne (Londres concentre 90% des fonds d’investissement ! ) en facilitant l’existence et la présence d’acteurs de long termes, en simplifiant le droit des titres et en renforçant le professionnalisme et la légitimité des instances de régulation.  

Le choix en matière de modèle social demande un grand débat sur la future nature de notre système de protection sociale qui, aujourd’hui apparaît à la fois comme étatiste et corporatiste (grande variété des régimes de retraites, statuts différenciant de la fonction publique, multiplication des aides de toute nature, niches fiscales, multiples niveaux d’interventions). Les autres pays ont fait des choix (modèles social-démocrate ou libéral) clairs et de ce fait gèrent plus efficacement l’Etat et les organismes de redistribution ce qui permet d’alléger la dépense publique et de mieux orienter les choix.

Contrairement à ce que l’on croit notre système n’est pas égalitaire et universel ; certaines catégories reçoivent plus ; la transparence est faible … un tel système engendre la défiance et par conséquence les replis. Or l’économie moderne fondée sur une multiplicité de marchés et la variété des échanges a besoin avant tout de confiance !

Nous avons un besoin urgent d’un Etat stratège qui doit concentrer toutes ses forces sur des problématiques d’avenir et non sur la gestion de pans entiers de notre régulation économique et surtout sociale !

 

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2 janvier 2007 2 02 /01 /janvier /2007 21:49

Réflexions à la veille d’un scrutin qui pèsera lourd quel qu’en soit le résultat

 

 

Sur un électorat déséquilibré et par conséquent mobile :

 

1-    Le lien entre les français et la politique reste assez largement empreint de malaise face au système représentatif institutionnel ; la France « protestataire » risque d’être la toile de fond « médiatique » de la campagne électorale  à venir.

 

2-    La participation conventionnelle (vote) est d’autant plus privilégiée que l’on est âgé, tandis que la participation non conventionnelle (hors vote) l’est davantage par les générations les plus jeunes. Aux deux bouts de la chaîne des âges le spectre de l’action politique ne s’établit donc pas de la même façon. Même si la majorité des jeunes ne remet pas en cause les fondements de la démocratie représentative, organisés à partir de la décision électorale, une partie d’entre eux cherche à expérimenter d’autres modalités d’action.

 

3-    Malgré tout, le clivage gauche-droite garde une incidence assez prononcée. La gauche reste davantage porteuse d’une culture politique au sein de laquelle la protestation et la contestation ont une place importante. Ainsi les Français se situant à gauche, bien que privilégiant majoritairement la pratique du vote, accordent-ils plus d’influence à la participation non conventionnelle. L’attrait des pratiques non conventionnelles apparaît particulièrement marqué parmi les sympathisants d’extrême gauche qui sont une majorité à les juger comme plus efficaces que le vote. Beaucoup des sympathisants de l’écologie optent aussi pour un répertoire non conventionnel d’action politique … ce qui explique en partie le discours non conventionnel de Ségolène Royal ; elle veut faire le plein des voix de gauche pour creuser l’écart au premier tour.     

 

4-    Par ailleurs, face à l’élection présidentielle, les français vont avoir, en simplifiant, deux attitudes par rapport « au rôle incarné par le président : doit-il être arbitre ou acteur ? » -  Très schématiquement, les « pro-arbitre » votent plutôt à gauche et les « pro-acteur » plutôt à droite. En ce qui concerne les «pro-arbitre» leurs préoccupations expriment leur idéal politique ; les inégalités sont les problèmes les plus importants, ainsi que l’éducation et la recherche ou encore l’environnement. Quant aux « pro-acteur », il s’y cache une attente « césariste » qui recouvre, semble-t-il assez bien, le paysage varié des droites françaises.

 

Leurs sentiments reposent sur un diagnostic critique à l’égard des pouvoirs  tels qu’ils fonctionnent aujourd’hui et sur une mise en doute des corps intermédiaires (syndicats, médias, …). Cette conception implique une rupture avec les contours et fonctions actuels de l’Etat. Ils souhaitent moins un Etat acteur, qui pilote, redistribue et intervient mais plutôt un Etat stratège qui montre le chemin et assure la « cordée ». 

 

5-    Au delà des réactions et positionnements face au système représentatif et au rôle du Président de la République, il y a la confiance dans le système ou plutôt la méfiance. Depuis quelques années, la confiance s’est profondément délitée. Les électeurs se reconnaissant un peu moins dans le clivage gauche/droite (bien que ce dernier reste une trame essentielle d’identification) et accordent de moins en moins leur confiance à la gauche comme à la droite pour gouverner. Ils développent des attitudes de rejet et d’opposition envers le pouvoir en place quel qu’il soit.

 

6-    La proportion de personnes que l’on peut qualifier d’ « intégrés » au système politique (clivage gauche/droite) – ne représente plus qu’un gros tiers de l’électorat ; Les « méfiants »  ne font confiance ni à l’une ni à l’autre pour gouverner – constituent le deuxième gros tiers ; les « hors système », caractérisés par le refus du clivage gauche/droite et l’absence de confiance pour gouverner,  rassemblent, le dernier petit tiers de l’électorat.

La situation par rapport à 1997 semble s’être aggravée : une large partie de l’électorat ne semble plus « intégré » et devient donc flottant !!

Cette diminution de l’intégration au système politique touche particulièrement les femmes, les immigrés et les catégories intellectuelles (enseignants, étudiants, formateurs, consultants, experts…catégories qui s’expriment ; médias !!). Le manque de confiance de l’électorat féminin dans le système politique en fait l’une des cibles privilégiées de la campagne à venir.

Cette crise du système s’interprète toutefois moins en terme de perte d’identification (gauche, droite) qu’en terme de déception  après des alternances à répétition où ni la droite ni la gauche ne parviennent à installer le pays dans une bonne direction.

 

7-  On assiste en particulier à une montée de cette méfiance tant à l’extrême gauche qu’au sein de l’UDF (politique d’autonomie de F. Bayrou). Mais cette méfiance s’installe aussi au cœur des sympathisants socialistes (ce qui explique en partie le succès de Ségolène Royal ; c’est une femme, c’est nouveau  …après tout !) et de l’UMP dans une moindre mesure (les clivages au sein de l’UMP se focalisent sur l’attitude face à l’adaptation au monde actuel ; la mondialisation !)

Qui plus est, les méfiants sympathisants socialistes n’iront sans doute pas vers le PC, les verts, l’extrême gauche ou Bayrou et restent pour l’instant dans l’expectative … Où  partiront-ils ? A gauche pour la plupart mais pas tous, ce qui explique le style « Ségolène » !

En revanche, les fuites des méfiants UMP peuvent partir un peu partout (Le Pen, Royal ...). Cela  s’explique sans doute par l’absence d’une politique intelligente de droite depuis des années…

 

Que faut-il penser de tout cela ?

 

1- Un électorat éclaté en 3 blocs : intégrés, méfiants et hors système).

 

2- Les Méfiants toutes catégories confondues sont principalement des femmes et des professions intellectuelles (professeurs, enseignants, étudiants, lycéens, formateurs, experts… ).

 

3- Il existe des masses importantes de méfiants tant chez les électeurs du PS que chez ceux de l’UMP.

 

4- les mouvances politiques qui jouent sur le refus du système (extrême gauche, écologistes, UDF) n’ont pas à ce jour de gros potentiel d’attractivité envers les fractions méfiantes du PS et de l’UMP.

 

5- D’où problématique pour le PS comment inciter l’extrême gauche et l’écologie à voter utile pour Ségolène Royal et ne pas laisser échapper une partie de leurs électeurs ! La réponse : le discours : on utilise l’aphorisme, on refuse le débat technique et le contradictoire. 

 

6- D’où problématique (plus compliquée) comment tenir ou retenir les méfiants de droite et du centre qui peuvent être déstabilisé (électorat plus peureux voir versatile).

 

7-  De surcroît nous sommes en plein changement de Génération et ce cas de figure est nouveau dans la V République.  

 

8- Enfin la candidate socialiste est partie pour éviter le débat, le duel, la confrontation … ou plutôt elle ne l’acceptera qu’à la fin et à l’américaine (ce qui a  été fait récemment au parti socialiste ; on utilise l’appel au sentiment et pas au jugement.   

 

            Que peut-il se passer ?

 

a)     le clivage gauche/droite est affaibli mais pas mort ! Les deux principaux candidats (on les connaît) devront avant tout rassembler selon un clivage gauche/droite pour éviter les fuites ci avant mentionnées.

 

b)    les personnalités qui proposeront des modes d’être et des modalités d’actions pratiques avant de parler réformes « techniques » occuperont le centre des débats (ce qui est déjà le cas ! ! !)

 

c)     tout va se jouer au deuxième degré : on n’est plus dans les programmes et les pseudo-étiquettes : socialiste, libéral, gaulliste, gauchiste…. Mais dans la capacité à faire comprendre à l’autre (le citoyen), que l’on comprend ce qui lui arrive, pour être à même d’expliquer voire d’expliciter (redonner du sens !!) et par là commencer un travail de quasi-pédagogie (que faudra-t-il faire pour en sortir !).

 

 

                                                                 2/01/2007

 

                                                         Emmanuel Harlé

 

 

 

 

 

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